El Chalten – Day 1

Ce matin nous nous réveillons confortablement dans un lit bien chaud, trop chaud, le chauffage au gaz de la chambre d’hôte où nous avons élu domicile est du genre on/off. De quoi contraster avec la météo au dehors : il fait gris et il pleut. On a du mal à croire qu’ils annoncent du beau à partir de midi. Le petit déj fourni est sympa mais un peu léger.

Patagonie 1248 Vers 10h, nous allons faire un tour à l’office de tourisme où nous croisons les Français rencontrés le premier soir à Torres del Paine. Ils cherchent une route pour remonter en stop vers le Nord. Heureux ceux qui peuvent partir 6 mois, nous n’avons que deux semaines. En sortant, nous passons à la boulangerie pour acheter des empañadas et du pain. Nous croisons un autre Français avec qui nous avions déjà discuté lors de notre deuxième jour aux Torres. Décidément, la Patagonie est une bien petite région !!!

Un peu avant midi, nous nous garons au départ du trek. Le temps est encore indécis, du coup nous prenons tout notre temps pour déguster les empañadas, elles sont à tomber. Le reste, fromage et jambon achetés en supermarché, n’a pas la même saveur. Encore une banane pour se donner du courage et nous voila partis sous le regard d’un lama qui en a vu d’autres.

Le chemin monte directement à la Laguna Capri sous un soleil de plus en plus présent. La vue est splendide, le Fitz Roy est presque dégagé et nous pensons même pouvoir le contempler d’ici ce soir. Nous repartons en direction du camping par un chemin en légère descente. On se sent vraiment au calme ici, il n’y a presque personne sur les chemins, hormis les promeneurs qui profitaient de la tranquillité des berges de la Laguna Capri.

Patagonie 1236

Avant d’arriver au camp, nous traversons un succession de ce qui ressemblerait à la grève d’une île déserte s’il n’y avait la lande derrière nous. Des plages de sable et de terre mêlés mènent en pente douce à la lisière de la forêt, l’impression est saisissante. Et ce paysage se répète, nous donnant le sentiment de faire du sur-place. En fin de compte, nous atteignons le campamento Poincenot après moins de 3h de marche. Nous plantons la tente et préparons le camp pour la nuit.

Comme le temps semble être de la partie et qu’il est encore tôt, nous décidons de faire une petite marche supplémentaire pour nous ouvrir l’appétit. Avec juste les appareils photo, nous voila partis pour la Laguna Sucia. Petit à petit, le chemin disparaît, nous traversons une rivière sur une grosse branche d’arbre, un peu plus loin nous devons escalader des rocher pour continuer à progresser. Finalement, Annaïg ne sent pas trop le chemin, par contre elle commence à bien sentir la faim. L’un dans l’autre, nous décidons de faire demi-tour. Nous n’étions certainement plus qu’à quelques pas de la Laguna, mais essayez de discuter avec un estomac vide !

Patagonie 1300 De retour au camp, la donne a légèrement changé. Le vent souffle très fort et le ciel se charge de nouveau. Qu’on me présente un prévisionniste météo que je lui fasse sa fête ! Nous avons déjà été privé des Torres la semaine dernière, ce n’est pas pour manquer le Fitz Roy. Un de nos voisins a monté tout un mur avec des morceaux de bois pour protéger sa tente du vent. Même si nous sommes un peu à l’abri sous les arbres, nous nous disons que l’idée n’est pas idiote et nous voila partis pour monter notre propre muraille. Elle se révèlera bien utile surtout au moment de faire à manger. Ce soir, au menu, pour changer de la côte de bœuf d’hier, il y a… de la soupe et des pâtes à la bolognaise lyophilisées, chouette ! Ceci dit, il y a petit bonus apporté de France en douce : du saucisson, c’est un véritable luxe que nous nous offrons ce soir.

Temps
Distance
Montée
Descente
3h + 1h
~10km + 3km
500m
200m
(y compris A/R Laguna Sucia)
(y compris A/R Laguna Sucia)
1h45′
45′

PS : les plus attentifs d’entre vous auront remarqué cette petite photo de la pelle. A ce sujet je vous dois une explication, en Patagonie, la propreté des toilettes dans les campementos est parfois un concept très relatif. Pour y remédier, les autorités ont donc mis à la disposition des campeurs ces pelles qui vous permettent d’aller faire vos besoins dans la forêt et de les ensevelir pour ne pas polluer les autres. Sympa ! Nos odorats les remercient de cette généreuse initiative.

PS #2 : un petit mot à propos de M. Poincenot, Jacques de son prénom. Originaire de région parisienne, et reconnu à l’époque comme l’un des meilleurs grimpeurs de la forêt de Fontainebleau, il a participé aux côtés de Lionel Terray à l’expédition de 1952 visant la conquête du Fitz Roy. C’est au cours de la marche d’approche qu’il a trouvé la mort. Je ne vous ferais pas ce petit flash-back s’il n’y avait pas un peu de piquant dans l’affaire. En effet, si la version officielle soutient qu’il s’est noyé en traversant une rivière, la version officieuse est quelque peu différente.
Nous nous sommes laissé dire que Poincenot avait succombé au charme d’une autochtone, et qu’il lui aurait fait la cour. Nous ne savons pas s’il est parvenu à ses fins, mais quand même, les french lovers n’ont pas acquis leur réputation pour rien. Toujours est-il que ce n’était pas du goût des mâles autochtones qui l’auraient « un peu » aidé à se noyer, pour autant qu’il se soit réellement noyé…
Pas si rancuniers, les Patagons ont baptisé de son nom l’une des aiguilles du massif, à gauche du Fitz Roy sur les photos. Mais pour moi, l’aiguille Poincenot est sans conteste la plus élancée, la plus gracieuse et la plus majestueuse. Et pour les connaisseurs, elle ne cote « que » ED+ si vous souhaitez en réaliser l’ascension.

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